La météo aéro n’est pas un sujet de discussion mondain : c’est un sujet qui réserve plein de surprises !
- Anticyclone = beau temps ? Pas nécessairement…
(GFACN33 – 14/10/2024)

Un creux barométrique est identifié environ 180 NM au sud d’un centre anticyclonique (au NW de l’Ontario). La zone de précipitations s’étend entre 1024 et 1032 hPA environ et est décrite ainsi (conditions non exhaustives) :
– Neige faible intermittente et visibilité associée entre 2 et 4 SM. Altocumulus Congestus occasionnels (26-50%) dont les sommets avoisinent 24,000 ft et produisent des averses de neige avec une visibilité réduite à 1 SM associée à des plafonds à 600 ft AGL.
– Des cumulonimbus isolés (1-25 %) sont présents sur la partie sud (sommets à 26,000 ft) associés à de l’orage et de la pluie modérée, une visibilité à 3SM et de la brume.
À noter que le mauvais temps s’estompe au nord, à mesure que la pression augmente.
- Fort gradient horizontal de températures non-associé à des précipitations (GFACN33 – 08/04/2024)

En allant vers le sud du Québec et de l’Ontario, l’isotherme zéro passe « brutalement » de la SFC à plus de 7,500 ft (sur une cinquantaine de NM).
On pourrait s’attendre à de la formation de mauvais temps… mais dans ce cas, deux masses d’air différentes semblent cohabiter de part et d’autre de ce « mur » thermique, sans pour autant engendrer des phénomènes dangereux pour l’aviation (pas de givrage modéré ou plus).
- Système dépressionnaire de forme atypique
(GFACN33 – 01/11/2024)

Une dépression, ça se présente toujours avec un front chaud à l’est, un front froid à l’ouest, et une occlusion au nord ? Le tout formant une belle virgule s’enroulant dans le sens anti-horaire ?
Le cas de figure ci-dessus mérite le coup d’oeil… L’occlusion qui se referme presque sur le front froid, un front chaud qui s’étend parallèlement au sens de déplacement du front froid et un creux barométrique parallèle au front froid.
- Convection inhibée au-dessus des lacs (août 2024)

Les turbulences convectives sont le quotidien de pilotes de la Sopfeu ! Elles sont surtout marquées lors du midi solaire (vers 13h30 locales).
La convection est cependant moindre à l’ombre des nuages étendus et au-dessus des grands lacs, comme en témoigne cette image satellite :
on identifie facilement le lac Mistassini au centre, le réservoir Manicouagan à l’est et le réservoir Robert Bourassa au nord-ouest, dessinant des « trous » dans une mer de nuages convectifs.
- Front qui change de direction (GFACN33 – 06/09/2024)
Diaporama – 2 images
Un front froid, ça circule toujours vers l’est ?
Dans le cas présent, une partie du front se met à « reculer » vers l’ouest (un délai de 6h s’écoule entre les deux GFA). Ou plutôt, un nouveau centre dépressionnaire se creuse au sud du front froid, dont une partie s’inverse pour devenir un frond chaud… le tout adoptant le mouvement anti-horaire typique d’une dépression !
- Inversion des vents avec l’altitude (août 2024)
Diaporama – 2 images
Par une après-midi particulièrement calme à Manic-5, depuis le canapé du « Crew House », j’ai observé que les nuages circulaient dans des directions opposées : les cumulus à basse altitude allaient vers le sud, tandis que les cirrus en haute altitude se dirigeaient vers le nord.
L’animation de Ventusky (ci-dessus) montre qu’un anticyclone au nord-ouest de l’Ontario engendre des vents du nord sur la région du Manicouagan. En altitude, le courant-jet présente une onde de courte amplitude, avec des changements de direction marqués : la convergence au-dessus de la Baie-James est cohérente avec la position de l’anticyclone… puis le courant-jet semble rebondir et repartir vers le nord-est (avec une zone de divergence l’est du Labrador à l’origine d’une nouvelle dépression).
- Les dépressions (fausses) jumelles
Diaporama – 4 images
(Ventusky) On observe ici deux dépressions : la dépression « A » sur l’État de New-York, et la dépression « B » environ 400 NM au sud-est.
La dépression « A » est en fin de vie, tandis que la « B » est en train de se renforcer : le centre de pression de la « A » gagne 4 hPA en 5 heures, tandis que la « B » se creuse de 4 hPA sur la même durée.
En altitude, on comprend que la dépression « A » est un système coupé (goutte froide) formé depuis relativement longtemps, tandis que la dépression B est directement surplombée par le courant-jet, à un endroit où la divergence semble maximale (donc une dépression en cours de formation).
Cette goutte froide est bien visible sur la dernière image, qui montre la température à 500 hPA : elle avoisine les -30 degrés au-dessus de la dépression A, tandis qu’elle est environ 5 degrés plus chaude sur la dépression B.








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